Astronomie ancienne

      Un voyage astronomique
à travers le temps, les continents et les civilisations.


image de titre Éclipse de soleil - Tunisie 2005 (R.K.)


Cette page sur l'astronomie ancienne rassemble mes réflexions à partir de diverses notes de lectures.
Merci à Yaël Nazé pour son ouvrage "L'astronomie des anciens" (1)    dont la lecture m'a fourni le déclic à la rédaction de cette page et de celle qui l'accompagne sur la date du 23 décembre 2012 !


 

De tout temps nous scrutions le ciel

Les traces du passé
Aussi loin que l’on puisse remonter vers les civilisations disparues à travers les vestiges qui nous ont été conservés, il semble certain que nos lointains ancêtres furent toujours fascinées par les astres.

Phénomènes cycliques
Ces manifestations dans le ciel furent facilement associées à des phénomènes cycliques sur terre grâce à la répétition des jours (soleil), des mois (lune), des saisons (constellations) et des années (soleil ou lunaisons). Cela rend possible les prévisions pour les événements importants aux yeux des hommes (passage des oiseaux, arrivée des poissons, période des semailles et des récoltes, si ce n'est pas l’expression de la volonté des dieux). 

Phénomènes surprenants
Des présages favorables ou défavorables à la guerre ou autre décision peuvent être vus dans les apparitions inhabituelles (pensez aux Rois Mages). En somme, dans les grandes civilisations organisées, les efforts des astronomes, et les frais pour le roi, étaient motivés principalement par l’établissement d’un calendrier en accord avec le soleil et la lune, ce dernier point n’étant pas une affaire de tout repos !

Les civilisations
On constate à différentes époques et à travers les civilisations du passé des connaissances très diverses. Un très grand savoir astronomique pratique ne va pas forcément avec la pratique d'une écriture. Un intérêt pour l'observation pragmatique des phénomènes célestes utiles pour la prévision des saisons et l’établissement d'un calendrier fiable ou une navigation sûre ne suscite pas forcément une réflexion poussée pour imaginer des modèles d'explication pour les phénomènes observés. Pour peu que l'écriture soit inconnue ou trop peu connue, il ne reste que la tradition orale et la mémoire pour nous renseigner aujourd'hui.


 



 

Observations sans traces écrites

À travers les âges et les civilisations

De tout temps
Traversée d'un désert, migration vers les pâturages d'été, recherche d'un point d'eau ... les anciens n'avaient pas de cartes routières, encore moins de GPS pour se diriger. Ils comptaient sur le soleil et les étoiles et utilisaient tous les indices visibles pour s'orienter ou annoncer les saisons. Il est difficile pour nous d'imaginer qu'ils pouvaient parcourir des centaines de kilomètres et revenir à leur point de départ si nécessaire. A un moment donné certains d'entre eux ont accumulé suffisamment de savoir-faire pour annoncer quand il était temps de migrer, de trouver des abris pour l'hiver, et quand c'était le moment de revenir. Ils savaient lire le grand calendrier de la nature !

Disque de Nebra
Disque de Nebra. 1600 ans av. J.C.
(Ref)
  Lune pleine et croissant, les Pleïades, la barque solaire,
avec sur le pourtour les relèvements solaires aux solstices.




En l'absence de textes écrits, certaines civilisations anciennes nous ont laissé des  traces de leurs observations dans la disposition de constructions importantes, pour lesquelles les alignements vers les astres levant ou couchant laissent penser que les phénomènes de solstices et d'équinoxes étaient bien connus et pouvaient servir aux chefs et prêtres en place à établir et maintenir des calendriers. Les calendriers avaient un importance au moins aussi importante que de nos jours.

Usages des calendriers
Ils pouvaient servir

Remarque
Aujourd'hui encore et dans le futur, si l'on veut caler un calendrier sur les saisons, qu’ils soient solaires, lunaires ou luni-solaires, ils incluent nécessairement des jours ou des mois intercalaires. C'est aussi la raison pour laquelle il faut à la fois comprendre les règles du calendrier d’origine et de notre calendrier actuel si l'on veut interpréter dans notre calendrier une date d’un autre calendrier.

Un rapide tour du monde

Alignements mégalithiques
On connaît de nombreux exemples d'alignements mégalithiques en Europe celtique mais aussi des cas de pierres alignées très anciennes dans des déserts en Afrique chez les Dogons ou ailleurs. Il est à regretter que dans l'esprit de la colonisation de l'Afrique et le peu d'estime dans laquelle les colonisateurs de l'époque tenaient les cultures locales, la quasi totalité des connaissances astronomiques anciennes d'Afrique soit perdue.

  La situation est analogue pour les Peaux-rouges d'Amérique du Nord, dont ne subsistent entre autres vestiges que quelques cartes du ciel, dessinées sur des peaux, et figurant précisément les constellations. Depuis 7000 ans la direction d’observation du lever du soleil au solstice (l’azimut) n’a bougé que de 1° sur l’horizon (diamètre apparent du soleil =0,5°), de sorte que de nombreuses structures d’alignement plus récentes restent utilisables de nos jours. 

Dans l'Empire Inca 

C'est à Chanquillo à 400 km an nord de Lima au Pérou que es archéologues pensent avoir découvert l'observatoire(7)  solaire le plus ancien des Amériques. Ils ont mis à jour un calendrier d’horizon pré-inca du IVème siècle av. J.C. (Pour La Science - No 414 avril 2012 (8)  ). Le terme « observatoire » est quelque peu trompeur pour des vestiges très anciens car il suppose, dans notre langage actuel, des astronomes, or il n’en est rien. Il faudrait plutôt parler de repères pour traduire une manière de percevoir le monde, de l’ordonner et de mettre en place un instrument de pouvoir. On pense qu'il s'agit de l'observation du lever et coucher du soleil entre 13 tours alignées au sommet d’une colline à l’est et d'une autre colline à l’Ouest pour définir 12 intervalles mensuels rythmant le cours de l’année.

   

 

À Machu Pichu, résidence de l’empereur Pachacutec au VIVème siècle après J.C.  certaines constructions présentent des alignements particuliers avec des astres suggérant fortement leur intérêt pour l'astronomie et l'observation précise des mouvements célestes autre que ceux de la lune et du soleil. Dans l'empire à son apogée on devait compter environ 10 millions d’individus, parlant des centaines de langues en plus du Quechua. Étonnamment, les Incas administraient leur immense territoire sans recours à l'écriture qu'ils ne maîtrisaient pas. Les seules traces connues d'un système de communication non verbal sont des cordelettes à nœuds dont le code n'a pas été percé.


Aborigènes
En Australie, les aborigènes sont en communion avec le ciel et la terre et tout est relié. Leur connaissance du ciel est sans doute la plus ancienne qui nous soit parvenue sans altération (1) car il semble qu'ils soient arrivés sur le continent il a environ 40 000 ans et que leur culture rituelle orale est restée très proche de celle des origines.Ils ont arrivés sur le sous continent Australien il y a plus de  40 000 ans. Leur culture nous parvient quasi inchangée depuis ces temps immémoriaux et le ciel y tient une place de première importance pour marquer le retour des saisons, des oiseaux ou du moment des plantations. Ils n’ont apparemment jamais éprouvé le besoin de mesurer le temps ni l’espace, ni de faire des calculs !

Ceci nous amène en Océanie
De justesse avant disparition, nous collectons encore aujourd'hui chez les Maoris les anciennes connaissances astronomiques et leur savoir-faire en navigation stellaire transmis oralement de génération en génération.

        Pour chaque îles leurs navigateurs connaissaient et savaient identifier une étoile qui passe à son zénith, Sirius, l'étoile la plus brillante, pour Tahiti. Chez les Maoris de Nouvelle-Zélande, le lever héliaque des Pléiades (Matariki) indique vers juin le début de la nouvelle année. Ils connaissaient les directions du lever et du coucher des constellations et de leurs étoiles remarquables. De plus l'observation assidue de l'océan, des vents et des oiseaux marins migrateurs complètait et confirmait les pilotes dans la lecture du grand livre du ciel.

Vers la fin du premier siècle de notre ère, leur connaissance très poussé du ciel est la clé de leurs voyages aller-retour sur des milliers de kilomètres entres les archipels Polynésiens de la Société, la Nouvelle Zélande, l’Île de Pâques ou Hawaï ! C'est un triangle équilatéral dont les cotés mesurent 7000 km et dont les sommets sont à 4000 km de Tahiti approximativement au centre de cet immense triangle ! La collecte in extremis de ce savoir faire a permis de reproduire à l'ancienne les voyages océaniques dans le pacifique entre les îles sans utilisation d'aucun instrument moderne. Document  :  la traversée en pirogue double hauturière de Hawaï à Tahiti  (Honolua Bay, Maui, Hawaï  à Papeete, Tahiti - du 1er mai 1976 au 4 Juin 1976. - Navigateur, avec sa tête et se yeux : Mau Piailug, Capitaine "Kawika" Kapahulehua; 13 membres d'équipage dont Ben R. Finney.

En ce qui concerne les traces écrites dans les civilisations polynésiennes, s'il n'y a effectivement pas de "livres" proprement dit, on connaît des écritures(3)  sur des pierres et des objets en bois dont la traduction est encore source de controverse. Exemple :

   baton
Transcription de texte extrait du bâton maori dit "de Santiago"

 
 

Écrits relatant les observations

Introduction
Une main mise des prêtres sur l'activité astronomique pouvait conduire à se satisfaire d'une vision mythologique, avec des légendes en guise de modèles de fonctionnement ; c'est la suprématie de l'interprétation sur la compréhension des phénomènes observés. Parmi les observations qui ont le plus impressionné nos ancêtres figurent les phénomènes cycliques de disparition et de réapparition. Le soleil et la lune d'abord, les cinq planètes visibles à l’œil nu, mais aussi toutes les étoiles non circumpolaires. Elles disparaissant sous l'horizon à certaines saisons et émergeant à l'Est à une autre saison au moment de leur lever héliaque.
Pour nous laisser des écrits, les cultures anciennes ayant inventé et développé un langage écrit original ne sont pas si nombreuses. L'invention de l'écriture alphabétique phonétique n'est pas une petite affaire. En occident par exemple, il a sans doute fallu un demi millénaire d'essais dans toute la Syrie actuelle pour parvenir à une solution d'écriture simple pouvant être apprise par un grand nombre de scribes : l'alphabet d'Ougarit d'abord avec 31 signes cunéïformes (XVIe-XVe siècle av. J.C.) puis l'alphabet de 22 signes, attesté dès le Xe siècle av. J.C. que l'on convient d'appeler phénicien, qui petit à petit va conquérir tout l'ancien monde méditerranéen pour générer notre alphabet. Ailleurs dans le monde, les émergences d'alphabets phonétiques ou glyphiques sont dispersés à travers les continents :